Loi anti-gaspillage et économie circulaire, ce que dit le texte de loi…

Le projet de loi contre le gaspillage

Avant de voir le jour, cette fameuse loi a été dans les tuyaux pendant un certain temps. En effet, la mise en application de la loi date seulement du 10 février 2020 alors que la question de la gestion des déchets est sur la table depuis bien plus longtemps. Dans les années 1970 déjà, des chercheurs et intellectuels affirmaient que la planète allait opérer des mutations certaines, et pas dans le bon sens, en continuant à consommer ainsi. De nombreuses études plus récentes ont démontré que nous produisions beaucoup trop de déchets, à tel point que nous ne savons plus quoi en faire. En effet, le système du recyclage est arrivé à ses limites. Notre production quotidienne mondiale d’objets et de déchets est devenue telle que nous devons cohabiter avec des montagnes et des continents de plastique.

Le texte de loi propose de modifier les modèles de production afin de limiter les déchets et ainsi préserver les ressources naturelles, la biodiversité et le climat. La réflexion va même plus loin car cette loi devrait permettre de mettre fin au gaspillage dans tous les secteurs d’activité (textile, plastique, alimentaire, etc.), mobiliser les industriels et modifier les modes de productions, renforcer l’information apportée au consommateur afin de le responsabiliser et améliorer la collecte des déchets. 

En effet, la concertation qui a pris place avant la proposition du projet de loi a dénoncé le fait que le système de gestion des déchets en France n’était pas assez performant, notre beau pays est d’ailleurs parmi les plus mauvais élèves dans toute l’Europe de l’Ouest.

Le plastique ou la consigne ?

L’objectif affiché est clair : la France devra utiliser 100% de plastique recyclé d’ici 2025 et en finir avec la vente d’emballages plastiques à usage unique d’ici 2040.

Les fabricants et vendeurs doivent adopter une posture visant à encourager l’achat de produits plus propres. Par exemple, si un consommateur fait le choix d’acheter une boisson dans un contenant réutilisable (bouteille en verre), le prix du produit devra être inférieur à l’option moins écologique (bouteille en plastique). L’objectif est de modifier peu à peu nos habitudes et d’encourager les bons réflexes afin d’éliminer naturellement la surproduction de déchets. L’idée est bonne, mais cela n’est intéressant et possible que lorsque nous commençons à réfléchir collectivement. 

La fin du gaspillage alimentaire ?

Depuis 2016, une loi existe déjà pour lutter contre le gaspillage alimentaire. Ce texte indique par exemple que la destruction volontaire de denrées alimentaires peut être sanctionnée. De même, les enseignes alimentaires sont fortement encouragées à mettre en place des partenariats avec des associations habilitées pour la récupération des invendus. La nouvelle loi prévoit une amende plus élevée et dissuasive dans tous les domaines de la distribution alimentaires et de la restauration. 

L’économie circulaire au quotidien

Mais quel impact sur notre vie de tous les jours ?

En ce qui concerne le secteur dans lequel évolue Adepem, celui de la réparation et des pièces détachées, il pourrait y avoir un impact conséquent si tous les utilisateurs choisissent de jouer le jeu. En effet, tous les équipements électriques et électroniques devront comporter un indice de réparabilité qui répondra à deux questions principales : “Cet appareil est-il réparable ?” et “Combien de temps pourrais-je trouver les pièces dans le commerce ?”. Le consommateur pourra alors avoir toutes les informations sur la disponibilité ou non des pièces de rechange et effectuer ses achats en connaissance de cause. Cela change la position du consommateur, car il peut dorénavant s’investir dans la durée de vie de ses appareils électroménagers en devenant acteur. De plus, cela pourra aider à lutter contre l’obsolescence programmée lors de la fabrication d’un appareil, et également informer le consommateur sur la possibilité ou non de remplacer les pièces en cas de panne.

Au niveau des produits alimentaires ou du quotidien, il est demandé aux fabricants de ne plus jouer sur les mots en vendant des articles faussement respectueux de l’environnement. Les produits recyclés devront comporter une mention spéciale sur leur étiquette, indiquant le pourcentage de matière recyclée. Les tickets de caisse et de carte bleue n’existeront bientôt plus, ou plutôt ils seront dématérialisés, comme cela se fait dans beaucoup de pays déjà. La loi contient également tout un volet concernant l’économie circulaire et les emplois que ce secteur pourrait générer. En effet, différents types d’établissements (ressourceries, boutiques de réparation, etc.) pourraient bénéficier d’aides gouvernementales afin de créer des emplois.

Enfin un projet de loi vraiment vert et social adopté au sénat ?

Pour le moment, il est très difficile de répondre à cette question car nous ne possédons pas le recul suffisant. Ce qui est certain, c’est qu’il y a une vraie volonté de soutenir les initiatives comme celle d’Adepem et de commencer à réfléchir à de nouveaux modes de consommation. 

Quand on y réfléchit bien, le fait de se débarrasser d’un appareil comme un lave-linge ou un lave-vaisselle à cause d’une pièce en panne est une aberration. Une pièce de rechange coûte moins cher qu’un appareil neuf. Alors finalement, tout ceci ne serait-il pas simplement une question de mauvaises habitudes prises au fil du temps ? Nous serions-nous trop bien habitués à notre société de consommation, de service et de confort, perdant ainsi notre liberté de recréer et de réparer ?

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